Le coup de fil de 21 heures : quoi dire
Le locataire appelle, souvent agacé, parfois inquiet. Vous ne pouvez rien voir, mais vous pouvez éviter qu'il aggrave la situation. Quatre consignes, dans cet ordre :
- « Ne tirez plus la chasse. » Chaque chasse supplémentaire ajoute six à neuf litres dans une cuvette déjà pleine. C'est comme ça qu'un bouchon devient un débordement sur le carrelage.
- « Ne versez aucun produit. » Le déboucheur chimique n'agit pas sur un bouchon de lingettes ou de papier compact, il reste dans la cuvette, et le plombier qui intervient ensuite travaille dans une eau caustique. Sur une fosse septique, il détruit en plus les bactéries.
- « S'il y a une ventouse, essayez-la. » Une ventouse à soufflet spéciale WC débloque un bouchon simple dans la moitié des cas. Dix coups fermes, en gardant le contact avec le fond.
- « Utilisez l'autre WC si vous en avez un, je m'occupe du reste. » Et vous prenez la main.
Ensuite, demandez deux choses : depuis quand, et ce qui est parti dedans. La réponse oriente l'intervention et, plus tard, la question du paiement.
Qui paie
La règle est celle de tout bail : l'entretien et les dégradations liées à l'usage sont à la charge du locataire, la vétusté et les défauts du logement à celle du propriétaire.
- Lingettes, serviettes hygiéniques, papier en excès, jouet, bouchon de flacon : usage. Facture retenue sur le dépôt de garantie, avec la facture du plombier et, si possible, une photo de ce qui a été extrait. C'est pour ça qu'on photographie systématiquement.
- Canalisation sous-dimensionnée, contre-pente, racines, fosse pleine, colonne d'immeuble bouchée, bouchon antérieur à l'arrivée : propriétaire. Un locataire arrivé le samedi ne peut pas avoir rempli une fosse le samedi soir.
- Cas intermédiaire : un WC qui se bouche « souvent » selon les avis précédents est un WC avec un défaut, même si c'est une lingette qui a déclenché l'incident cette fois-ci.
Ce qu'il faut dans le dépôt de garantie
Une clause claire dans le contrat ou les conditions de location : « Les frais de débouchage consécutifs à un usage inapproprié (lingettes, objets, produits non dispersibles) sont à la charge du locataire. » Elle ne change pas la loi, mais elle évite la discussion.
Les cinq causes qu'on retrouve sur le littoral
Les lingettes, loin devant
Lingettes bébé, lingettes démaquillantes, lingettes ménagères, y compris celles vendues « biodégradables » : aucune ne se délite comme le papier. Elles s'accrochent au premier coude, puis les suivantes s'y empilent. Dans une location, où chaque semaine amène des habitudes différentes, c'est la cause d'au moins la moitié des bouchons qu'on traite entre juin et septembre.
Le siphon de la cuvette et le coude en sortie
Les WC des locations sont souvent anciens ou d'entrée de gamme, avec un passage étroit. Un coude trop serré en sortie de cuvette, parfois un raccord mal aligné lors d'un remplacement, crée un point d'accroche permanent. On le voit au fait que le WC se bouche « pour rien » avec du papier seul.
La fosse septique pleine ou saturée
Sur Giens, dans certains secteurs de La Londe, du Lavandou et des hauteurs de Carqueiranne, des maisons sont encore en assainissement autonome. Une fosse vidangée il y a quatre ans et qui passe de deux occupants l'hiver à huit l'été sature en quelques jours. Signe : tous les appareils sont lents en même temps, et ça glougloute dans la douche quand on tire la chasse.
La colonne de l'immeuble
En résidence, le bouchon n'est pas toujours chez vous. Une colonne partiellement obstruée fait remonter l'eau dans le WC de l'appartement le plus bas. Si le locataire décrit un WC qui se remplit tout seul sans qu'il ait tiré la chasse, c'est la colonne, et c'est le syndic.
L'effet saison
Un logement vide neuf mois, dont les évacuations ont séché, puis occupé par six personnes pendant trois semaines : des dépôts qui tenaient en place se décrochent, le papier s'accumule sur les aspérités, et le bouchon se forme la première semaine. D'où l'intérêt d'un passage préventif avant la saison.
Un plombier à Hyères et dans le Var, 7j/7
Prix annoncé avant de commencer, sans majoration sur le tarif de base le week-end. Délai moyen 30 minutes.
Organiser l'intervention à distance
Ce qu'on vous demande au téléphone, et ce qu'on fait ensuite :
- L'adresse exacte et le nom du locataire, un numéro où le joindre. On l'appelle pour convenir de l'heure, en général dans l'heure qui suit sur Hyères et les communes voisines.
- S'il y a une fosse, un regard, un second WC, un accès aux évacuations extérieures. Vous le savez, le locataire non.
- Sur place, on débouche à la ventouse, au furet manuel ou électrique selon la nature du bouchon, et à l'hydrocureur si c'est la canalisation elle-même. On photographie ce qui sort, on teste tous les appareils, et on vous envoie un compte rendu avec la facture.
- Si c'est un défaut de l'installation (coude, contre-pente, fosse), on vous le dit par écrit avec une proposition, à faire hors saison.
Faire en sorte que ça n'arrive plus
Quatre mesures qui éliminent la majorité des appels :
- Une poubelle à couvercle dans chaque WC, avec un sac. Les gens jettent dans la cuvette ce qu'ils ne peuvent pas jeter ailleurs.
- Un pictogramme sur le réservoir ou la porte : « Pas de lingettes, même biodégradables. » Court, en deux langues si vous louez à l'étranger.
- Un passage préventif en début de saison : furet sur les évacuations lentes, hydrocurage de la canalisation principale tous les deux ou trois ans, contrôle du niveau de la fosse et vidange si elle approche de la moitié.
- Une ventouse à soufflet dans le logement, bien visible. Elle règle la moitié des incidents sans que personne ne vous appelle.
Et pour le logement lui-même, si un WC se bouche deux fois dans la même saison avec du papier seul, c'est l'installation qui doit être vue : remplacement d'un coude, reprise d'une pente, ou changement d'une cuvette à passage étroit. C'est un après-midi de travail en octobre, et plus aucun appel en août.
Vos questions, nos réponses
Qui paie le débouchage dans une location saisonnière ?
Si le bouchon vient de l'usage (lingettes, papier en excès, objet), c'est le locataire, et le montant peut être retenu sur le dépôt de garantie avec la facture à l'appui. Si c'est une canalisation défaillante, une fosse pleine ou un bouchon antérieur, c'est le propriétaire.
Que dire au locataire au téléphone ?
De ne plus tirer la chasse, de ne pas verser de déboucheur chimique, et d'essayer une ventouse s'il y en a une. S'il y a un second WC, de l'utiliser. Puis de vous laisser organiser l'intervention.
Un plombier peut intervenir le soir ou le week-end ?
Oui. Sur Hyères, Giens, Carqueiranne et La Londe nous intervenons 7 jours sur 7, et le débouchage d'un WC est une intervention courte. On prévient le locataire de l'heure d'arrivée et on vous envoie la facture et une photo du bouchon.
Les lingettes « biodégradables » bouchent aussi ?
Oui. Biodégradable ne veut pas dire dispersible : elles ne se délitent pas dans l'eau comme le papier et s'accrochent à la moindre aspérité. C'est la cause numéro un des bouchons en location, devant tout le reste.
Comment éviter les bouchons en location saisonnière ?
Une poubelle fermée dans chaque WC, un pictogramme clair, un passage de furet ou un hydrocurage en début de saison, et un contrôle de la fosse si le logement n'est pas raccordé au tout-à-l'égout. Les trois quarts des appels disparaissent avec ces quatre mesures.
